Depuis le 1er janvier 2026, les médecins généralistes ont la possibilité de réaliser des consultations longues (cotation : GL) pour les patients âgés de plus de 80 ans.
Elles se déclinent en 3 situations, parmi elles, la consultation de déprescription de patients hyperpolymédiqués (cotation GL2).
Cette nouvelle consultation proposée par l'Assurance Maladie est rémunérée 60 euros et s'inscrit dans une logique de parcours de soins coordonnés.
Elle favorise la coopération interprofessionnelle avec le pharmacien d'officine, on vous explique :
Etape 1 :
Avant la consultation, le pharmacien réalise le bilan de médication prescrit ou non par le médecin traitant (code BMI facturé) :
- Il réalise une analyse complète des traitements pris par le patient (incluant l'automédication, les compléments alimentaires, la phytothérapie, etc.).
- Il interroge le patient et/ou son entourage sur les habitudes de vie, la tolérance et l'observance des traitements.
- Il transmet une synthèse de son analyse au médecin traitant ; via la fiche de transmission disponible sur le site Ameli ou directement sur le logiciel de dispensation.
Le bilan de médication permet au médecin de préparer la GL2 et de faciliter la réévaluation de la prescription par le médecin.
Etape 2 :
Le médecin organise la consultation longue de déprescription pour ses patients âgés de 80 ans et plus, hyperpolymédiqués (≥ 10 lignes de traitements) ayant bénéficié d'un bilan de médication par leur pharmacien.
Le but de cette consultation est d'intégrer les éléments rapportés par le pharmacien d'officine en s'appuyant sur le plan pharmaceutique personnalisé.
La GL2 illustre ainsi l'intérêt d'une collaboration étroite entre médecin et pharmacien pour améliorer la pertinence des prescriptions, réduire la iatrogénie médicamenteuse et améliorer l'adhésion aux traitements chez les patients âgés hyperpolymédiqués.
Etape 3 :
Après la consultation, le pharmacien accompagne les éventuelles modifications de traitement, et assure un suivi du patient quant à sa bonne compréhension des traitements, leur tolérance et leur acceptabilité.
Conclusion :
Cette articulation entre les missions du pharmacien et du médecin permet de renforcer la coopération entre les professionnels de santé, de mettre en valeur les connaissances du pharmacien sur le médicament, et de l'intégrer dans le parcours de soin du patient.
Les structures de soins primaires comme les MSP ou les CPTS peuvent favoriser ce travail de coopération et les résidents d'EHPAD pourraient tout particulièrement en bénéficier.